
Depuis le 18 août 2025, la REP piles et batteries a changé d’échelle avec l’application du règlement européen 2023/1542.
Si vous vendez des produits nomades contenant des batteries (smartphones, trottinettes électriques, outils sans fil, jouets connectés), vous devenez un maillon direct d’une filière désormais très encadrée : marquage CE, éco-contributions, traçabilité, mandataire REP pour les vendeurs étrangers… le cadre se durcit et se complexifie.
Ce qui suit explique clairement ce qui change et comment transformer cette contrainte réglementaire en processus maîtrisé.
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La responsabilité élargie des producteurs (REP) repose sur un principe simple : celui qui met un produit sur le marché doit financer et organiser la gestion de ses déchets durant tout le cycle de vie, de la mise en service à la collecte puis au recyclage.
Avec le règlement 2023/1542, l’Europe ne cible plus seulement les petites piles portables. Le dispositif couvre désormais toutes les familles de batteries et impose des règles communes de sécurité, de performance environnementale et d’information.
Acteurs concernés : fabricants basés en France ; importateurs qui achètent hors de France pour revendre sur le marché français ; vendeurs marketplace et marques e-commerce qui expédient des produits nomades vers des clients français ; producteurs non établis en France qui devront obligatoirement désigner un mandataire REP à partir du 12 août 2026.
En clair, si vous vendez un produit contenant une batterie, vous êtes presque toujours considéré comme metteur sur le marché et donc responsable au titre de la REP piles et batteries.

• Batteries portables : smartphones, tablettes, montres connectées, jouets, petits appareils électroménagers, outils domestiques (acteurs : vendeurs e-commerce, marques D2C, distributeurs grand public).
• Batteries de moyens de transport légers (MTL) : trottinettes, vélos électriques, gyropodes, hoverboards (plateformes de micro-mobilité, marketplaces spécialisées).
• Batteries de véhicules électriques (EV) : voitures et utilitaires légers électriques (constructeurs, importateurs, revendeurs automobiles).
• Batteries SLI (démarrage, éclairage, allumage) : batteries automobiles pour moteurs thermiques ou hybrides (réseaux de centres auto, sites de pièces détachées).
• Batteries industrielles : stockage stationnaire, équipements professionnels, systèmes d’alimentation de secours (fournisseurs B2B, intégrateurs d’énergie).
Même si vous ne commercialisez que de petits objets nomades, les catégories « batteries portables » et « batteries MTL » suffisent déjà à vous soumettre à la REP.
Toutes les batteries mises sur le marché européen après le 18 août 2025 doivent porter le marquage CE. Le vendeur doit vérifier la certification, conserver la documentation technique et pouvoir la présenter en cas de contrôle. Si vous importez des produits contenant des batteries depuis un pays tiers, vous êtes responsable de cette conformité.
Le metteur sur le marché finance la fin de vie des produits. Deux options : adhérer à un éco-organisme agréé (cas le plus fréquent) ou mettre en place un système individuel validé par les autorités. Dans la pratique, il faut s’enregistrer, obtenir un identifiant REP, déclarer périodiquement les quantités par catégorie et payer les contributions correspondantes. La multiplication des déclarations (emballages, DEEE, textile, ameublement, PMCB…) peut vite devenir chronophage.
Tout producteur ou vendeur non établi en France devra désigner, à partir du 12 août 2026, un mandataire REP pour la France. Ce représentant réalise les enregistrements, prépare les déclarations et règle les éco-contributions. CompliancR propose ce service.

Les batteries portables doivent être facilement amovibles par l’utilisateur final, sans outil spécifique. Pour les MTL, EV et industrielles, le remplacement doit au minimum être possible par un professionnel indépendant. Les vendeurs doivent vérifier la conformité chez leurs fournisseurs, fournir des notices claires et anticiper les retours SAV.
Chaque batterie doit mentionner la chimie utilisée, la capacité, la durée de vie estimée, les consignes de collecte/recyclage, la présence éventuelle de substances dangereuses et les précautions d’usage. Ces informations doivent aussi être disponibles dans des bases de données électroniques ouvertes.
Les producteurs et metteurs sur le marché doivent mettre en œuvre une politique de diligence raisonnable : cartographie des risques, identification des fournisseurs, mesures de prévention et de remédiation. Les vendeurs de produits nomades doivent pouvoir tracer l’origine des batteries.
Des seuils minimaux d’efficacité de recyclage entrent en vigueur à partir du 31 décembre 2027. Les vendeurs devront proposer des solutions de reprise, informer les consommateurs sur les points de collecte et s’approvisionner auprès de fabricants capables de démontrer de bonnes performances de contenu recyclé.
Les autorités peuvent restreindre ou interdire la mise sur le marché, ordonner le retrait ou le rappel de lots entiers et imposer des sanctions financières élevées. Les marketplaces exigent désormais les preuves d’enregistrement REP ; sans identifiant, vos annonces peuvent être bloquées ou supprimées.
Deux approches : gérer en interne (veille réglementaire, gestion de données) ou externaliser auprès d’un mandataire et d’une plateforme spécialisée. CompliancR automatise l’analyse des catalogues, l’application des barèmes, la génération des déclarations et le suivi multi-filières. Les vendeurs non établis en France peuvent également confier à CompliancR le rôle de mandataire REP.

Tout acteur qui, pour la première fois, met sur le marché français une batterie ou un produit contenant une batterie : fabricants, importateurs, vendeurs marketplace et marques D2C.
Oui. Les marketplaces demandent vos IDU (Identifiant Digital Unique) qui est votre numéros d’enregistrement dans la filière REP gérant vos produits, et peuvent suspendre vos annonces en cas de non-conformité.
Dans la majorité des cas, oui. Chaque filière REP (batteries, emballages, DEEE, textile, mobilier, PMCB…) nécessite souvent une adhésion distincte, d’où une forte charge administrative.
Sanctions financières, retraits ou rappels de produits, restrictions de mise sur le marché et suspensions de comptes sur les plateformes. L’impact réputationnel peut également être important.